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Logo Arts de l'Islam
18 expositions 18 villes 20 nov. 2021 27 mars 2022
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Qu'allez-vous voir à l'exposition de La Réunion ?

Cette exposition revêt bien sûr un caractère particulier par rapport aux 17 autres. Elle se situe en plein coeur d’un territoire qui est baigné dans la culture islamique depuis les conquêtes arabes dans l’Océan Indien dans les premiers siècles de l’Islam mais surtout depuis le développement des routes commerciales maritimes entre l’Afrique et l’Asie dès le Xe siècle et jusqu’à aujourd’hui. Dans ce cadre, le MADOI développe depuis longtemps dans ses collections, un tropisme pour l’Inde à l’époque de l’empire islamique moghol. Cet art nous renvoie donc à un multiculturalisme particulier.

Dans l’exposition, nous valorisons en particulier un jali en grès rose. Il nous plonge dans l’architecture moghole du temps des empereurs Akbar ou Jahangir avec ses propres caractéristiques indiennes mais en s’inspirant de l’architecture islamique du moucharabieh. Le cabinet indien du XVIIe siècle nous permet de comprendre cet art parfois appelé « indoportugais ». Il reprend en effet le principe de ce type de mobilier très en vogue en Europe dès la fin du Moyen-Âge.

Les modèles indiens à l’époque du rayonnement de l’empire moghol en Inde étaient destinés notamment aux Européens présents sur le continent, dans les colonies portugaises à cette époque. Les bois précieux et la nacre en constituent les matériaux nobles qui attiraient déjà les clientèles iraniennes, arabes et turques au temps des routes terrestres de l’Asie à la Méditerranée. Les modèles décoratifs végétaux ou humains s’inspirent des scènes présentes dans la peinture miniature de cette époque.

Le choix des deux bases décorées de pipes à eau (qalyan), l’une indienne et l’autre iranienne montrent admirablement l’existence d’une culture commune dans le monde islamique, notamment autour de cette pratique. Mais les oeuvres révèlent aussi des différences culturelles nettes. La pipe iranienne du XIXe siècle est décorée d’un couple amoureux à l’européenne. La pipe indienne du XVIIIe siècle reprend un décor néo-classique.

Les pratiques religieuses musulmanes sont évoquées à travers un Coran iranien, un porte-Coran ottoman et une planche coranique marocaine. Les chefs d’oeuvre du Louvre évoquent davantage l’Islam du monde arabe dans des contextes chrétiens. Ainsi, les deux oeuvres en cristal de roche proviennent de trésors d’église française mais prennent également ici une connotation particulière puisque ces sculptures, ayant servi de reliquaires chrétiens, étaient fabriquées en Égypte vers le XIe siècle à partir d’un cristal de roche importé de Madagascar, des Comores ou de Mayotte.

La présence de l’artiste comorienne Myriam Omar Awadi avec son oeuvre Chiromani, boule à facettes impose aussi un regard contemporain sur cet art régional toujours nourri de ces croisements culturels au milieu de cet océan sur le chemin entre l’Inde et l’Afrique.

Publié le Mardi 21 septembre 2021

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