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18 expositions 18 villes 20 nov. 2021 27 mars 2022
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Qu'allez-vous voir à l'exposition de Saint-Denis ?

Cette ville et sa basilique ancrent les Arts de l’Islam dans un destin français royal, avec l’une des plus importantes œuvres islamiques qui fut conservée dans le trésor royal de la basilique jusqu’à la révolution française. Il s’agit de la célèbre verseuse en cristal de roche sculptée fabriquée dans les ateliers royaux du Caire au XIe siècle et mentionnée dans les inventaires de la basilique dès 1505. Cette œuvre trop fragile n’a pas pu faire le voyage vers le Nord... Mais le musée du Louvre rend hommage magistralement à cette histoire de France avec les grands chefs-d’œuvre de sa collection transportés à Saint-Denis pour l’occasion.

Le choix des œuvres et de leur confrontation dans un même espace nous apporte des visions époustouflantes. La fameuse clef de la Ka’ba au centre de La Mecque a été offerte par le sultan mamelouk Faraj al Barquq. Considérée comme une œuvre exceptionnelle par sa charge symbolique et sa provenance prestigieuse, cette œuvre est présentée en voisinage de la vidéo de l’artiste franco-algérienne Halida Boughriet Transit. Au-delà du paradoxe de la confrontation entre le drame humain des migrations modernes, et le symbole du lieu de pèlerinage de tous les musulmans, les oiseaux dans le ciel sont aussi une correspondance émouvante. Certains hadiths évoquent la crainte révérencielle que provoquait la seule présence, voire le silence du Prophète en décrivant ainsi l’attitude des Compagnons : « comme s’il y avait des oiseaux sur leurs têtes ». Une telle attitude s’explique par le pressentiment de l’imminence de la Révélation ou de l’au-delà qui se dégage de la personne du Prophète.

Après ce moment intense entre ces deux œuvres magistrales, le parcours se poursuit avec d’autres dimensions religieuses révélant l’universalisme des cultures d’Islam, avec un Coran en langue bihari indienne et écriture en caractère arabe et les carreaux à inscriptions hébraïques des maisons du quartier juif de Fès. Un superbe poignard d’apparat iranien révèle la dimension politique de la religion officielle de l’Islam dans un contexte particulier, celui de l’Iran du XIXe siècle. Sa poignée à la forme caractéristique est réalisée en ivoire profondément sculpté de scènes figuratives et inscriptions : l’une en arabe « Qu’Allah donne la victoire, que la conquête soit imminente » ; l’autre en persan « le manche de ta dague conquiert le monde ». La légèreté et la magnificence sont aussi au rendez-vous, avec ces princesses iraniennes aux seins nus, une verseuse indienne en argent doré et turquoises, et une coupe ottomane en jade et filets d’or.

Publié le Tuesday 21 September 2021

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